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Le troublant parcours d’Alpha Condé
14-07-10 23:43
Il y a: 53 days



Categorie: Libre opinion

Apha Condé est né à Boké vers 1937 de père Burkinabé et d’une mère Ouolof d’origine sénégalaise dont la famille était installée dans la région de Boké. Le mariage des parents d’Alpha Condé fut arrangé par un chef de canton du cercle de Boké du nom d’Alpha N’Diaye dont Alpha Condé porte le nom. Le nom de famille du père d’Alpha Condé était Koné qui par glissement deviendra Condé.



Le père d’Alpha était le cuisinier du commandant de cercle de Boké qui était venu avec lui quand il a été affecté dans cette région. Dans la première moitié des années 50, le commandant de cercle rentre en France et amène le jeune Alpha alors âgé de 15 ans avec lui et le place avec les églises chrétiennes pour sa scolarisation.

 

Il est ainsi élevé par les prêtres chrétiens et suit le cycle scolaire en France jusqu'à l’université. On dit aussi qu’il souffre toujours les séquelles des abus dont il a été victime au couvent. D’où ses difficultés à mener une vie conjugale normale.

 

A l’université Alpha Condé joint le mouvement des étudiants africains appelé la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France). Il en devient à un moment donné le président et noue amitié avec beaucoup de jeunes étudiants africains dont certains, de retour dans leur pays, se lanceront dans la politique (exemple Laurent Gbagbo Président de la Cote d’Ivoire).

 

A la FEANF il est dit qu’il aurait été recruté par les services secrets Français qui visaient particulièrement les jeunes étudiants africains. Ils font de lui un informant sur les activités de l’organisation des étudiants. La prise de position de la FEANF contre le régime de Sékou Touré amènera Alpha Condé à dénoncer aussi le PDG.

 

Au début des années 70 débute pour Alpha Condé des relations troublantes avec le PDG. Il est condamné à mort par contumace par les tribunaux expéditifs du PDG suite à l’expédition militaire portugaise du 22 Novembre 1970 bien que toutes les accusations du PDG portent sur d’autres opposants avec lesquels Alpa a des relations hostiles : Commandant Diallo, Siradiou etc.

 

Le comportement d’Alpha Condé qui contribuera à diviser profondément l’opposition en exil ajouté au fait qu’on ne lui connait aucune action concrète contre le régime dictatorial de Sékou Touré, fit peser des doutes sur lui.

 

Plus tard, ses attaques de caractères ethniques et la révélation de ses sympathies cachées pour Sékou Touré et son système confirmeront ce qui fut connu pendant des décennies, à savoir qu’Alpha Condé aurait été aussi un agent sur l’opposition en exil pour le compte du régime de Sékou Touré.

 

Au cours d’un de ses fréquents voyages en Afrique pendant les années soixante dix, il épouse une de ses cousines Koné, hôtesse de l’air à Air Afrique à l’époque et sœur de la chanteuse ivoirienne Aicha Koné. De ce mariage nait son fils unique qui est élevé par sa mère. La jeune femme divorcera Alpha Condé un ou deux ans plus tard pour abandon du foyer conjugal.

 

Suite à la disparition de Sékou Touré et la prise du pouvoir par le Général Lansana Conté, Alpha Condé rentre en Guinée et crée un mouvement de soutien au CMRN (Comité Militaire de Redressement National). Il mène une cour assidue aux militaires qui sont très méfiants et froid vis-à-vis de ses avances. On rappellera qu’a l’époque, seul Mamadou Bah, aussi rentré d’exil avait osé critiquer ouvertement la dérive du régime militaire.

 

Suite au coup d’état avorté du Colonel Diarra de Juillet 1985 une répression sanglante contre les officiers mandingues fut organisée par un groupe dirigé par le Colonel Facinet Touré et le capitaine Alhousseny Fofana. Les populations soussous de la capitale furent incitées contre les ressortissants malinkés. Lansana Conté cautionnera ces actes de violences et de vandalisme avec son fameux « Wo Fatara ».

 

Alpha Condé se saisira de l’occasion est fit sienne le mécontentement compréhensible de cette couche de la population. Il se déclare ouvertement opposant au régime de Conté et organise un meeting non autorisé de ses nouveaux militants au terrain de football de Koleah.

 

A la vue des militaires venus disperser la rencontre, Alpha Condé s’enfuit, grimpe le mur du terrain et saute dans une cour des concessions avoisinantes, arpente les ruelles de Conakry et se refugie à l’ambassade du Sénégal, d’où il est embarqué sur Dakar après des négociations menées sous les bons offices de la France. Cette fuite lui vaut d’ailleurs le surnom du « Grimpeur » que lui a collé le journal satirique « Le Lynx » et l’appellation de « président margouillat » par laquelle le président Conté aimait se référer à lui.

 

Au début des années 90, sous la pression de l’opposition, le président Conté ouvre la Guinée au multipartisme. Il fait adopter par référendum une loi fondamentale qui autorise des partis d’opposition et garantit des droits fondamentaux aux Guinéens.

 

Le gouvernement propose d’organiser des élections présidentielles en 1993. Alpha Condé, autorisé à revenir en Guinée après sa fuite, forme un parti politique qu’il appelle le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG). Le RPG voit une adhésion massive des ressortissants de la haute Guinée, toujours remontés contre Lansana Conté et son « Wo Fatara ».

 

Le parti devient d’office un parti ethnique, animé par une haine contre Conté et la promesse de laver l’affront de l’affaire Diarra. Alpha Condé adopte alors Baro, une localité de la Haute Guinée, comme son village d’origine et proclame que tout malinké qui ne vote pas RPG est « batard ».

 

Des responsables du RPG conseillent à leur leader de trouver une épouse, la vie de célibataire dans un pays musulman n’est pas bien vue pour un homme politique. Pour les besoins de la cause, Alpha se marie alors à une Guinéenne du nom de Mama Kanny Diallo.

 

Mama Kanny Diallo est elle-même une énigme. Elle fut une des nombreuses amantes de Siaka Touré capitaine du Camp Boiro où ont périt des milliers de prisonniers politiques du despote Sékou Touré. Elle a toujours été soupçonnée d’avoir travaillé pour les services de renseignements du PDG.

 

A l’époque du PDG elle faisait de fréquents voyages en Guinée (ce qui était impensable pour les exilés de d’alors). A l’extérieur, elle s’affichait sans gêne avec son amant Siaka.

 

Quelques mois après le mariage, Mama Kanny demandera le divorce pour les mêmes raisons d’abandon de domicile. Il faut noter que pour les récentes élections Alpha a contracté un autre mariage. Les observateurs se demandent combien de mois après les élections, va durer la relation conjugale.

 

Vinrent alors les élections présidentielles de 1993 avec le PUP (Parti au pouvoir) déclaré vainqueur. L’opposition s’était divisée à la veille des élections sur la participation au scrutin. Tandis que l’UNR décide d’y participer, le PRP se retirera au dernier moment.

 

Cette division permet au RPG de se classer deuxième avec 20% des voix. Des votes en Haute Guinée, notamment à Siguiri et à Kankan sont annulés du fait que, par excès de zèle ou à dessein, les militants du RPG refusèrent que les électeurs votent derrières les urnes et les obligèrent à le faire sur une natte à ciel ouvert. Du fait de cette annulation, le RPG prétend avoir gagné ces élections que, du reste, il n’a jamais reconnues.

 

Kindi Sané

Contact : sanekindi@yahoo.com

 

PS : Ce texte est une reconstitution du parcours d’un dirigeant politique qui aspire à diriger notre pays. Si le parti pris contre Alpha Condé est évident, cela est du aux informations ci-dessus. Ceux qui peuvent apporter des témoignages contre ou pour les éléments mentionnés sont encouragés à le faire ; le but ultime est d’informer les citoyens sur les hommes qu’ils s’apprêtent à élire.

 

[NDLR : M. Kindi Sane, si vous avez d'autres "... parcours" en réserve, veuillez nous les faire parvenir.]








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